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L’Etat des lieux du chômage : Les généralités sur le chômage

L’INSEE définit le chômage comme l’ensemble représenté par des personnes d’au moins 15 ans, privées d’emploi et qui en recherche un. Cette approche plutôt consensuelle cache en réalité une notion complexe et manipulable.

Selon que l’information vous vienne d’un économiste, d’un sociologue ou encore d’un politicien, elle sera analysée et transmise de manières différentes. En France, on distingue principalement deux sources d’étude du chômage :

  • la première est basée sur une enquête menée par l’INSEE qui mesure le chômage conformément à l’approche du Bureau International du Travail (BIT rattaché à l’ONU) ;
  • la seconde est issue des statistiques fournies mensuellement par le Ministère du Travail ;

Le chômage au sens du BIT prend en compte les personnes en âge de travailler sous trois conditions :

  • Etre sans emploi, ne pas avoir travaillé durant une semaine de référence ;
  • Etre disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours ;
  • Avoir activement recherché un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois ;

Cette définition exclue par conséquent les personnes sans emploi, qui n’en cherchent pas un.

Les chiffres fournis par le Ministère du travail sont moins objectifs car ils sont soumis à l’inscription et à l’actualisation individuelle de chaque chômeur à Pôle Emploi. Il faut donc exclure toutes les personnes qui ne font pas cette démarche, soit parce qu’ils n’ont pas le droit à indemnisation donc ils ne se fatiguent pas à s’actualiser, soit parce qu’ils préfèrent se débrouiller par eux même, ou encore en se marginalisant (comme certains décrocheurs scolaire par exemple).

Une complexité s’ajoute aux chiffres délivrés par le Ministère du travail chaque mois. Selon qu’ils aient ou pas travaillé, plus ou moins d’un certain nombre d’heures ; selon que leur situation les astreigne à une recherche assidue d’emploi, les chômeurs sont classés dans différentes catégories :

Catégorie A : demandeurs d’emplois tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ;

Catégorie B : demandeurs d’emplois tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte de moins de 78 heures par mois ;

Catégorie C : demandeurs d’emplois tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue de plus de 78 heures par mois ;

Catégorie D : demandeurs d’emplois non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ;

Catégorie E : demandeurs d’emplois non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi ;

Vous croyez la classification terminée ?
Non, il faut ajouter à cette classification statistique, une classification administrative allant de la catégorie 1 à la catégorie 8.

La complexité de cet ordonnancement, qui se subdivise encore en catégories d’âges, de sexes ou de catégories socioprofessionnelles, permet une lecture précise des personnes davantage touchées par le chômage. Mais elle permet aussi de masquer la situation de précarité professionnelle de millions de français.

Ainsi les chômeurs bénéficiant de « contrats aidés » sont relégués en catégorie E et de façon mécanique font baisser le chômage de catégorie A. Depuis plusieurs années, l’ex-UMP et le PS joutent à coup de petites mesures conjoncturelles pour influer mathématiquement sur ces chiffres mais aucune politique publique structurelle et ambitieuse n’est menée. Ce qui implique entre autres que le nombre de demandeurs d’emploi de longue durée (au sens de l’INSEE) a bondi de 143,4% depuis 2008 et sur un an de 10,9 %, pour atteindre 2 377 700 inscrits.

L’annonce des derniers chiffres du chômage pour le mois de Juin 2015 ne fait pas exception à la volonté des gouvernants de les maquiller. En déplaçant certains chômeurs en catégorie D et E, le Ministère du travail parvient ainsi à réduire l’augmentation du chômage en annonçant 1 300 chômeurs de catégorie A de plus, alors qu’avec l’ancienne méthode l’augmentation enregistrée aurait dû être de 11 300.

Un autre mécanisme existe pour permettre au Ministère du Travail d’exclure certaines personnes des chiffres du chômage, il s’agit du contrat de sécurisation professionnelle (CSP). Ce contrat s’adresse aux salariés dont le licenciement économique est envisagé dans une entreprise non soumise à l’obligation de proposer un congé de reclassement. Pendant la durée de ce contrat, le titulaire du CSP perçoit une « allocation spécifique de sécurisation professionnelle » (ASP) égale à 80 % du salaire journalier de référence (soit à peu près l’équivalent du salaire net). Ainsi l’état de chômeur est suspendu, pour soit disant permettre aux salariés une reconversion ou la création d’entreprise.

Cet imbroglio n’épargne pas le système d’indemnisation. Les chômeurs perçoivent une indemnité, déterminée en fonction du salaire journalier de référence et de la période travaillée, à laquelle peut s’ajouter un système plutôt complexe et flou d’aides parallèles :

  • ARE : Allocation de Retour à l’Emploi
  • RSN : Régime de Solidarité Nationale
  • ASS : Allocation de Solidarité Spécifique
  • AER : Allocation Equivalent Retraite
  • ATA : Allocation Temporaire d’Attente
  • RSA : Revenu de Solidarité Active

Comment y voir clair dans ce dédale de mesures. Tout le monde s’y perd et en premier lieu les intéressés.

Ainsi, alors que les déclarations donnent pour le mois de juin de cette année 3 553 500 chômeurs de catégorie A, il faut compter 6 073 600 de chômeurs toutes catégories confondues, et on peut aisément considérer que le nombre de personnes touchées de près de ou loin par le chômage avoisine les 8 500 000 (en ajoutant les personnes non comptabilisées).

Ce chômage endémique est dû à l’inefficacité des politiques d’accompagnement des chômeurs et de retour à l’emploi, la désindustrialisation de l’économie française, l’abandon des PME et PMI au profit des grands groupes, l’irresponsabilité de la politique d’immigration ou encore l’ouverture du marché du travail français aux pays européens dont la main d’œuvre est plus compétitive.

Exemple dabsurdité [1] : Une personne de nationalité roumaine qui a travaillé en Roumanie pendant 5 ans peut venir en France pour trouver un travail mieux rémunéré à la suite d’un licenciement dans son pays. Si elle trouve un travail en France, ne serait-ce que quelques jours, cette personne pourra s’inscrire à Pôle Emploi et bénéficier d’une allocation chômage qui sera calculée sur les périodes de travail accomplies en France mais aussi en Roumanie.

L’ensemble de ces choix politiques a un fort impact négatif au niveau local.

Le chômage dans le Loiret [2]

Le Loiret compte au mois de juin de cette année 35 000 chômeurs de catégorie A soit une augmentation de 5,6% sur un an.  Auxquels on ajoute 22 000 chômeurs des autres catégories, et une estimation de 6 000 personnes supplémentaires non comptabilisées. C’est le département de la région Centre qui en compte le plus, pour un total de 124 200 (Cat A).

Le taux de chômage dans le Loiret au premier trimestre 2015 est de 10,1 % alors que ce taux n’était que de 5,1 % au quatrième trimestre de l’année 2000. En 15 ans, la situation s’est considérablement dégradée. Depuis 2009 seulement, des entreprises comme 3M santé (Pithiviers), Alcatel Lucent (Ormes), Steco Power (Outarville), Gainair (Autruy-sur-Juine), Reliures Brun (Malesherbes), Glon Sanders Volailler Doux (Boynes), Cargo Van (Pithiviers) ou encore Proma (Gien) ferment ou licencient faute d’activité. A celles-ci s’ajoutent les 284 entreprises considérées comme défaillantes dans le Loiret.

Le Front National se dresse face au chômage aujourd’hui considéré comme une fatalité. Le Front National insiste sur la nécessité de réindustrialiser la France et de soutenir considérablement les petites et moyennes entreprises, principaux moteurs de l’activité économique. Cette planification stratégique sera associée à la mise en place de protections intelligentes aux frontières pour lutter contre la concurrence déloyale de certains pays de l’Est de l’Europe ou de la Chine, par exemple.

Le Front National propose une simplification des normes pour encourager l’entreprenariat, et permettre de faciliter le financement des entreprises qui investissent en France.

Dans le même temps, les entreprises devront à compétences égales préférer l’emploi d’un français, et l’emploi de travailleurs clandestins sera très sévèrement sanctionné.

RETROUVEZ L’ENSEMBLE DU PROJET DU FRONT NATIONAL ET DE SON FINANCEMENT grâce au lien suivant : http://www.frontnational.com/le-projet-de-marine-le-pen

Gabriel LEGALLE

[1]. Sources : exemple synthétisé à partir de données collectées sur les sites suivants :

[2] Source : source Pôle Emploi, DARES